François Briand est artiste, designer, maitre verrier.

Ce bijou érotique tend à démarginaliser le sex-toy en le plaçant dans l’ambiguïté d’un objet à la fois de dissimulation et de parade. Réalisé avec les techniques issues de la verrerie artisanale et celle plus contemporaine du fraisage numérique pour la fabrication d’une mailloche en graphite, « Olisbos » est l’aboutissement d’une recherche visant à recueillir le rapport érotique qu’entretient l’artisan avec la matière.
Il met le voile sur l’organicité du verre en fusion, le silence de la viscosité, les lentes formes générées par la gravité, la souplesse du façonneur, l’intelligence de la main au service de la matière et l’impartialité des machines numériques.
« Olisbos » est l’achèvement de ce mélange recouvert d’un voile blanc immaculé.

« Le verre n’existe que par ce qui l’entoure, son environnement cerne ses contours. Une sphère de verre purement transparente n’aurait aucune matérialité visuelle dans un environnement purement lumineux.
Elle ne doit sa présence qu’à sa brillance, à ses reflets.
Décrit comme cela, ce n’est alors qu’un spectre, un fantôme, présent sans l’être. Elle hante nos architectures, nos outils et technologies, sa discrétion se divise partout, est en tout. Agissant comme une médiatrice pure, qui s’efface mais permet de voir, de compter, de naviguer, de lire, de rendre visible… Le développement du verre purement transparent notamment au XVIe a encouragé de nouvelles formes de savoirs.
Cette transparence a fait émerger le sablier, premier objet de mesure du temps. Il nécessite un matériau transparent et lisse permettant de voir le liquide ou le sable s’écouler. Il y a eu ensuite la lentille optique au fondement même du microscope et du télescope, qui permit d’approfondir à la fois nos connaissances du visible dans le microcosme et le macrocosme. La nécessité de la transparence a été mise en exergue lors de la première guerre : alors que le char d’assaut, nouvelle technologie clé du conflit renverse les stratégies, un infiltré allié s’introduisit dans une verrerie fabricant les vitres pour les chars ennemis. Cet usurpateur avait judicieusement jeté quelques poignées d’oxyde de cuivre, dans les fours de verre pour rendre opaque la matière. Il a ainsi ralenti de plusieurs semaines la sortie de nouveaux chars d’assauts. »
“ Il est dans la Syrie une contrée nommée Phénicie (V, 17), confinant à la Judée, et renfermant, entre les racines du mont Carmel, un marais qui porte le nom de Cendevia. (…) On raconte que des marchands de nitre y ayant été relâchés, préparaient, dispersés sur le rivage, leur repas; ne trouvant pas de pierres pour exhausser leurs marmites, ils employèrent à cet effet des pains de nitre de leur cargaison : ce nitre soumis à l’action du feu avec le sable répandu sur le sol, ils virent couler des ruisseaux transparents d’une liqueur inconnue, et telle fut l’origine de verre.”
« Selon Pline l’ancien, le verre fut découvert par association involontaire de plusieurs minéraux pour devenir la première matière synthétique oscillant sans décision entre le liquide et le solide.
C’est le matériau du mouvement.
Ces propriétés physiques laissent à croire que, même à température ambiante le verre continu de couler à une vitesse infiniment lente. La manifestation de ce phénomène peut s’apercevoir au-travers de l’épaisseur des vitraux placés sur d’anciennes cathédrales romanes. On observe que les vitraux sont plus épais en bas qu’en haut, laissant entendre que le verre, avec le temps, aurait subi la gravité et se serait déformé. Les vitraux datant du Moyen-âge sont composés de morceaux de verre. Ils étaient extraits de cives. Les cives sont des disques réalisés par un verrier à main. A partir d’une sphère soufflée, le verrier par centrifugation va déployer les lèvres de la sphère jusqu’à obtenir un disque. Le disque, plus épais en son centre qu’à ces extrémités, sera coupé puis placé dans l’ensemble du vitrail. Le vitrailliste a mis naturellement la partie la plus lourde en bas de façon à mieux répartir le poids. La virtuelle possibilité d’une matière sans état solide reste théorique sans avoir eu encore sa preuve expérimentale. Le verre ne réagit pas comme le bois ou le métal à la chaleur ou à l’humidité, il est comme imperméable au temps, aseptisé. Seule la gravité agit sur lui, de façon permanente. Son seul désir est de s’étendre au sol et de se liquéfier ». François Briand

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Photographie : Olisbos, sex-toy, verre, laiton, 165 x 40 x 40 mm